Archives de catégorie : Fleurs et jardin

La Ballade : Fin d’hiver.

Fin d’hiver

L’hiver enfin fait une pause,
Le soleil point à l’horizon
Dès qu’une brume se dépose.
Le voile blanc de la saison
Chante sans bruit son oraison,
Tandis qu’au sol, les pâquerettes,
Offrent déjà leur pâmoison.
Sortons chapeaux et collerettes !

Puisque plus rien ne s’y oppose,
Tous les crocus en garnison,
Saluent le ciel, qui leur propose
D’accélérer leur floraison !
Dans une douce exhalaison,
Les primevères guillerettes
Ont déjà quitté leur prison !
Sortons chapeaux et collerettes !

Ainsi chaque jour je m’impose
Un petit tour sur mon gazon,
Il faut bien que l’oiseau dispose
De bonnes graines à foison,
Et sur le seuil de ma maison,
Je vois naître des amourettes
Au pied de chaque frondaison.
Sortons chapeaux et collerettes !

Adieu le poêle et son tison !
On va ranger les chaufferettes,
Et surveiller la pondaison !
Sortons chapeaux et collerettes !

Annie

Le sonnet Lozérien : Rêve de Cardabelle.

Rêve de cardabelle

J’aurais aimé cueillir la fleur de cardabelle
Au pied du lavandin ;
Peut-être savez-vous qu’il n’est pas anodin
De froisser son labelle ?

J’ai parcouru le Causse en quête de la belle,
Non pas pour mon jardin,
Je voulais simplement éloigner le gourdin,
Grâce à la sentinelle !

Hélas, je n’ai trouvé ni l’œillet grenadin,
Ni même l’asphodèle,
Charmés par le grand cœur d’un gentil baladin !

Bergère sans agnelle,
J’ai vu s’épanouir mon désir citadin
Dans l’or d’une aquarelle !

Annie

Le sonnet marotique : Début d’automne.

Début d’automne

Oh le beau champignon ! est-ce une coulemelle ?
Vite, allons dans les bois récolter le trésor,
D’un automne attentif à nous offrir son or,
Tandis que le ciel bleu doucement se pommelle !

Quelques feuilles déjà s’amusent pêle-mêle
A former sur le sol, dans un dernier essor,
Un somptueux tapis pour conjurer le sort
D’un été plutôt las de traîner la semelle !

L’hirondelle a choisi de suivre son instinct,
Comme il va nous manquer son joyeux baratin,
Mais Rouge-gorge est là pour nous égayer l’âme !

Bientôt le jour sera plus court que de raison,
Il faudra réveiller de l’âtre le tison,
Et l’espoir reviendra se chauffer à sa flamme !

Annie Poirier

Le sonnet marotique : Espoir.

Espoir

Je traîne du passé de nombreuses blessures,
Chatouillant mon esprit en ces jours estivaux,
Mais comment dénouer tous ces vieux écheveaux
Sans réveiller en plus mille et une morsures ?

Il me faudrait bannir ces anciennes fissures,
Pour récolter sans fin tout l’or des jours nouveaux !
J’ai tant pérégriné par les monts, par les vaux,
Que mes vieux souvenirs souffrent de moisissures.

Suffira-t-il cet air doux et mélodieux ?
Ce papillon valseur et ce ciel radieux,
Me verront-t-ils sourire à l’oiseau qui chantonne ?

Et cette fleur exquise en son exhalaison,
Suffira-telle aussi pour que ma guérison
Épouse enfin l’espoir en robe de cretonne ?

Annie

Le pantoum : A ma couronne de communion !

A ma couronne de communion !

Près d’un jupon de marguerite,
Je pense à toi père chéri.
Le printemps sort de sa guérite,
Déjà le crocus a souri.

Je pense à toi père chéri,
Te souviens-tu de ma couronne ?
Le gros nuage s’est tari,
L’air est plus doux, le chat ronronne.

Te souviens-tu de ma couronne ?
Les fleurs des champs sont en satin ;
Hommage à toi sainte patronne,
Le clocher bruit dans le lointain.

Les fleurs des champs sont en satin,
A la porte de notre église.
Sous un vitrail diamantin,
L’oiseau lance une vocalise.

A la porte de notre église,
Tu m’as conduite par la main.
Puisque l’hiver fait sa valise,
On sait qu’il fera beau demain !

Tu m’as conduite par la main,
Ta fleur était ma favorite !
On sait qu’il fera beau demain,
Près d’un jupon de marguerite !

Annie

Le sonner marotique : Printemps

Printemps

Le temps est revenu de voir s’ouvrir les roses,
De gagner les bosquets où les amants fidèles,
S’en vont main dans la main guetter les hirondelles,
Ou cueillir du bonheur, maintes dentelles roses.

Adieu les jours frileux ! Adieu tristes névroses !
Bientôt refleuriront les belles muscadelles,
Nous n’aurons plus besoin d’allumer les chandelles,
Car les jours seront longs au pied des primeroses !

Les matins sont en or, les cieux sont diamants,
Ô mois des mariés que vous êtes charmants !
On se doit d‘être heureux au son des campaniles.

Voici venir aussi les plus belles chansons
Qui, sous les feux du ciel, bénissent les moissons
Mêlant leur voix profonde aux notes juvéniles.

Annie